Tuesday, 12/12/2017 | 8:07 UTC+1

Le Brexit : Quelles conséquences pour l’Afrique ?

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La Grande-Bretagne restera-t-elle au sein de l’Union européenne ou s’en ira-t-elle ? Ce jeudi 23 juin, la place financière mondiale vivra au rythme du référendum britannique Brexit. L’Afrique est concernée. Un départ des Britanniques du bloc européen entraînerait une situation difficile pour l’économie du continent noir.

La Grande-Bretagne, un marché de 64 millions de personnes, est un partenaire économique historique pour l’Afrique. Les exportations se sont diversifiées. Au terme d’une campagne où l‘économie a été au centre des débats, les conséquences pour l’Afrique devraient être désastreuses en cas du succès des partisans du retrait, estiment des experts.

Dans une tribune, le directeur de l’Africa Growth Institute, Amadou Sy, indique que les échanges bilatéraux entre la Grande-Bretagne et les pays africains devraient fortement baisser si l‘éventualité du Brexit venait à se confirmer. Le gouvernement britannique serait alors contraint de renégocier une grande partie des traités signés sous couvert européen.

« L’un de ces accords, écrit-il est celui récemment signé entre l’UE et les pays membres de la Communauté de développement des pays d’Afrique australe (SADC. Le texte a été signé le 10 juin et il inclut des clauses qui accordent un accès libre au marché européen des produits de certains pays de la région ».

La blogueuse Uzo Madu, de nationalité britannique mais d’origine nigériane, s’intéresse aux conséquences de la politique européenne sur l’Afrique, et donc à celles d’un éventuel Brexit, dans son blog « What’s in it for Africa ? ».

« La position du Royaume uni au sein de l’UE, en tant que l’un des plus gros contributeurs à l’aide au développement, fait qu’une sortie de l’Union aurait un impact important, non seulement sur le montant des aides allouées à l’Afrique subsaharienne, mais aussi sur la manière dont cette aide serait acheminée et sur son efficacité. »

Pour le gouverneur de la Banque centrale du Kenya, Patrick Njoroge, «ce sera un désastre». «Nous sommes connectés à tous les marchés extérieurs. Si la volatilité s’y installe, nous serons touchés car nous n’avons pas pris d’assurance contre une telle situation. Il n’y aura nulle part où se cacher», rapporte l’Agence Ecofin.

Les relations commerciales entre l’Union européenne et l’Afrique ont été fixées par les accords de Cotonou, en 2000, avec une série d’accords de partenariats économiques entre l’UE et les entités régionales du continent, comme la CEDEAO par exemple. Des accords qui pourraient être remis en question si la Grande-Bretagne sortait de l’UE.

Même si Robert Kappel, de l’Institut GIGA de Hambourg, pense que le gouvernement britannique tenterait de maintenir les accords de Cotonou en cas de victoire du « non ». Le chercheur pense en revanche que les conséquences seraient importantes concernant la politique agricole, ou militaire.

« Cela dit, j’imagine que la Grande-Bretagne serait, seule, plus encline à intervenir de façon plus rapide que dans le cadre de l’Union européenne, du fait de ses liens étroits, par exemple, avec le Nigéria, le Kenya ou le Ghana. Mais sans aller jusqu’à suivre l’exemple de la France qui a des bases militaires un peu partout sur le continent. Ne serait-ce qu’en raison du coût que cela représenterait. »

Le même accord prévoit des règles d’origine plus flexibles destinées à promouvoir une chaîne de valeur régionale. Un point de vue que contestent les partisans de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. Ils assurent que l’aide via les mécanismes européens a longtemps été diluée et que le Brexit ouvre la voie à une plus grande coopération en matière de sécurité entre les pays africains et la Grande-Bretagne.

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