Tuesday, 12/12/2017 | 8:25 UTC+1

L’Afrique doit importer de la technique, pas de la culture

culture africaine

Par : Lisapo ya Kama

Qui détient la science et la technique dirige le monde.

 Quand on regarde les différentes puissances qui se sont succédées dans le monde, on remarque que ces Etats ou ensembles étaient tous des lieux où le savoir fut à son meilleur niveau. Les Africains ont été les premiers à dominer le monde. Nées en Afrique australe et dans les grands Lacs, les sciences ont germé dans l’intérieur du continent avant d’être portées à leur sommet par les Noirs en Egypte antique. L’Afrique dominait le monde dans la médecine, dans l’architecture, les mathématiques, la physique, la chimie, le génie et la stratégie militaire, dans les sciences humaines etc..

La civilisation égyptienne, civilisation la plus grande de l’antiquité et la plus déterminante de l’histoire humaine, a brillé grâce à ses prouesses scientifiques et sa capacité à se défendre. C’est d’Egypte qu’un peuple blanc appelé Étrusque a pris ses connaissances en architecture à partir desquelles se bâtira l’empire romain. C’est en Egypte que TOUS LES SAVANTS GRECS sont venus apprendre les théorèmes et trouvailles qu’on leur attribue faussement aujourd’hui. C’est grâce à cet héritage africain, que les grecs et les romains ont dominé le monde. Lorsque Rome tomba, les Arabes prirent l’Egypte et recueillirent les sciences africaines traduites en grec. Ces sciences furent par la suite développées dans le monde arabo-musulman, initiant ainsi la domination des Arabes sur le monde. Ce sont les Noirs islamisés du Maghreb, dits Maures, qui vont introduire en Europe les sciences que leurs ancêtres africains inventèrent. L’Europe récupéra ces sciences, initiant ainsi sa renaissance et la domination occidentale jusqu’à nos jours.

Moralité : si l’Afrique veut revenir au devant de la scène mondiale, elle doit

acquérir les sciences occidentales comme le font les Asiatiques de nos jours.

 

Mais ce qu’il faut dire, c’est que si le transfert scientifique et technique s’est fait d’une civilisation à une autre, le peuple qui recevait a toujours veillé à préserver sa culture. Les grecs n’ont pas absorbé les sciences égyptiennes en langue africaine, ils les ont traduites dans leur langue. Les Romains ont pris l’architecture Étrusque, tout en refusant le matriarcat Étrusque hérité d’Afrique. Les Arabes ont traduit les sciences africaines grecques dans leur langue, sans absorber les religions de ces derniers. Les Européens ont fait leurs les sciences maures en les traduisant dans leurs langues et en en écartant le contenu islamique. Toutes ces grandes civilisations n’ont absorbé que de la technique, elles n’ont pas pris de culture, ou n’en n’ont pas pris tout l’essentiel.

La culture, comme la religion, comme la langue, est la vis de sécurité d’un peuple. C’est l’identité profonde d’un peuple. Et un peuple avec une identité perdue, comme les Noirs aujourd’hui, est un peuple mort, exploitable à souhait. Tous les autres l’ont compris, sauf les Africains. Les Noirs absorbent les cultures des autres, les religions des autres, les langues des autres. Alors que nous sommes le peuple le plus attaqué culturellement au monde, le peuple qui a absorbé comme personne les influences extérieures, défendre notre culture est une question de survie. Si nous devons légitimement acquérir les sciences pour mieux nous réaliser, ces sciences doivent être absorbées tout en protégeant notre culture. L’Afrique doit donc importer de la technique, pas de la culture. 

En d’autres termes termes est-ce que le progrès c’est de copier la fabrication de réfrigérateurs pour conserver au mieux les aliments ? Oui. Est-ce que le progrès c’est de remplacer son Kenté ou son Boubou par un costume trois pièces ? Non.

Est-ce que le progrès c’est de copier la fabrication de ponts et de trains modernes pour mieux se déplacer ? Oui.  Est-ce que le progrès c’est de changer son économie en communauté pour copier le capitalisme et l’individualisme étranger ? Non.

Est-ce que le progrès c’est d’envoyer comme les autres des satellites dans l’espace pour mieux communiquer? Oui. Est-ce que le progrès c’est de remplacer le Lingala ou le Haoussa par le Français? Non.

Est -ce que le progrès c’est de copier la construction de barrages et de centrales solaires pour alimenter en énergie son industrie? Oui. Est ce que le progrès c’est d’abandonner les lieux d’initiation pour embrasser la Bible et le Coran? Non.

Est ce que le progrès c’est de copier la fabrication de scanner pour mieux soigner nos malades? Oui. Est-ce que le progrès c’est de porter un nom européen et arabe quand ils ne porteront jamais nos noms africains? Non.

S’il faut bien entendu commencer par réévaluer nos sciences propres et tirer tout ce qui peut servir aujourd’hui, il faut aussi qu’il se crée des écoles de traduction des ouvrages scientifiques occidentaux dans toute l’Afrique. C’est ainsi qu’il y avait des écoles de traduction de l’arabe au français, espagnol, Italien etc., à Montpellier, Bologne, Oxford pendant la domination maure. Les sciences occidentales doivent être traduites en Swahili au moins et l’effort doit être poussé dans les 4 autres langues majeures d’Afrique que sont l’Haoussa, le Lingala, le Peul et le Bambara si nous en avons les moyens. Ça veut dire également que les sciences linguistiques occidentales doivent être utilisées pour développer les langues africaines et non pas nous dire si le verbe Disputer a une origine grecque ou latine. Ça veut dire enfin que les techniques architecturales d’aujourd’hui doivent nous permettre de bâtir des habitations, des bâtiments publiques et temples vitalistes sur la base de notre héritage architectural, et non des églises et des mosquées. Tout cet apport technologique doit être non polluant pour être conforme à notre théorie de vie.

Cela signifie que nous devons apprendre les méthodes d’imprimerie pour écrire en alphabet hiéroglyphique, Nko ou Mandombé qui seront inscrits sur nos produits et sur les panneaux de nos rues et de nos aéroports. Cela signifie aussi que les techniques modernes de l’industrie textile doivent nous permettre d’abord d’améliorer la qualité du Kente ou du Bazin, et non essayer de battre les italiens dans la fabrication de costumes. Bien entendu tous les apports qui ne touchent pas à notre culture, comme la fabrication de routes, de ports ou d’aéroports, seront les bienvenus.

En résumé, l’excellence scientifique avec laquelle l’Afrique doit renouer, devra se faire dans le cadre d’une protection et d’un renforcement de sa culture. On aura ainsi l’image d’une Afrique futuriste avec des panneaux en hiéroglyphique bordant de larges avenues, des immeubles avec la spirale de la création dessinée dessus, des gens richement vêtus d’un Bazin de la meilleure qualité et d’une croix d’Ankh en or au cou, discutant en Swahili du prochain lancement de la fusée par l’agence spatiale nationale.

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Le Mérite Africain, réflexions, analyses pour le réveil et l'éveil de l'Afrique. Piloté par le Forum de l'Excellence-TOGO ( FOJECED ) mail: contact@lemeriteafricain.com

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